Parenthèses: Le mur et la peur de Gael Turine

Le mur et la peur de Gael Turine

13/09/2014



3200 km de béton entre l’Inde et le Bangladesh, la barrière géopolitique la plus longue au monde, un autre mur de la honte.
Un mur quasiment inconnu de la plupart d'entre nous.

Erigé depuis 1993 par les autorités indiennes pour limiter l'immigration clandestine et l'infiltration terroriste, ce mur a bouleversé l'équilibre déjà précaire de la région et bien évidemment beaucoup plus celui du Bangladesh.

Les arrestations et cas de tortures autour du mur sont devenus monnaie courante d’autant que les troupes indiennes de la Border Security Force ainsi que, dans une moindre mesure, leur pendant bangladais, la Border Guard Bangladesh , responsables de ces exactions, jouissent d'une impunité totale.

Le nombre d’arrestations, de victimes d’actes de torture et de morts en fait la frontière la plus dangereuse et la plus sanglante du monde et les victimes sont très majoritairement bangladaises.

Pendant près de deux ans et avec une forte détermination, Gaël Turine s'est plongé dans la vie quotidienne des habitants frontaliers.

Fidèle à son approche fondamentalement humaine, c'est à travers des histoires individuelles que le photographe livre un témoignage essentiel.

Le photographe a admis avoir laissé son objectivité dans son boitier : «…à partir du moment où je photographie des victimes, je me positionne, je dénonce … ».
Comme en témoignent les photos, chaque jour, des hommes et des femmes tentent, malgré tout et malgré ce mur, désespérément de franchir la frontière pour aller s’approvisionner en Inde et ramener des produits pour les revendre ensuite au Bangladesh qui est un des pays les plus pauvres au monde.
Quant aux enfants, ils sont recrutés comme passeurs pour quelques euros par jour, au prix de risques énormes.

En allant à la rencontre de proches de victimes, la plupart bangladaises, il a notamment rencontré un père contraint d’assister sans bouger à l’agonie de sa fille de 14 ans qui venait de prendre une balle dans le dos.
Son tort : avoir escaladé le mur pour aller à la rencontre de son futur mari…

Pour avoir touché du bout du doigt le drame du Bangladesh lors de mon séjour en Inde, un des plus pauvres pays au monde et totalement isolé, j'avoue avoir été particuliérement touchée par ce témoignage.

Ce reportage a été récompensé par le prix spécial AFD du meilleur reportage photo (Agence Française de Développement), il fait l'objet d'une publication, dans la collection Photo Poche Société d’Acte Sud, avec le soutien d'Amnesty International.

Il est disponible depuis Aout 2014 pour la modique somme de 13€.
Comme pour les publications de Reporters sans Frontières, je vous engage vivement à l'acquérir. 






23 commentaires:

  1. Ce mur est complètement occulté par nos médias . Je n'étais pas au courant des horreurs qui s'y passent encore ! Je vais voir si je trouve cette publication ! Bon week end bises

    RépondreSupprimer
  2. Je n'avais pas connaissance de ce mur en effet... Les photos sont saisissantes.

    RépondreSupprimer
  3. Je n'étais pas du tout au courant. Je vais aller acheter ce livre, c'est important de soutenir ces reporters;

    RépondreSupprimer
  4. Tout à fait d'accord, tu prends un peu plus conscience de la condition du bangladesh quand tu prends le temps de lire les quotidiens indiens , mais en filigramme et à travers les lignes ... As-tu été récupérer mon carnet numérique ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. oui oui ;) ... c'est malin, maintenant j'ai envie de partir à Goa !

      Supprimer
    2. Sinon, t'es où en ce moment ?

      Supprimer
  5. Quelle horreur ! Comment des êtres humains peuvent-ils infliger cela à d'autres êtres humains ? Je ne savais pas du tout pour ce mur...

    RépondreSupprimer
  6. oh merci de ne faire decouvrir un pan d'histoire et de mur que je ne connaissais aps!
    xxxo

    RépondreSupprimer
  7. J'ignorais aussi l'existence de ce mur. C'est horrible. Merci de nous en parler à travers l’œuvre de ce photographe.

    RépondreSupprimer
  8. Je n'ai effectivement jamais entendu parler de ce mur ... les photos sont glaçantes.

    RépondreSupprimer
  9. J'ai découvert grâce à Reporters sans frontières, qui mettent en lumière ce que les médias classiques occultent.
    C'est une belle initiative de ta part de te faire le relais de cette cause

    RépondreSupprimer
  10. je découvre l'existence de ce mur avec ton article ce matin
    j'émerge et j'ai encore la tête dans le concert de Beyoncé et Jay-Z au stade de france, le choc du croisement des images...alerte sur une réalité au-delà de la dureté, merci de contribuer à la diffusion de ces informations et du travail de Gaël Turine

    RépondreSupprimer
  11. Quelques images à la télé allemande, c'est tout. En effet, pourquoi ce silence autour cette misère ?

    RépondreSupprimer
  12. Une découverte incroyable !!! un article et des photos chocs !
    je regarde çà , merci !

    RépondreSupprimer
  13. C'est vrai que cela doit être poignant et émouvant, c'est tellement affreux
    Bisous

    RépondreSupprimer
  14. Un mur de la honte qui m'était inconnu. Je pars me renseigner sur le sujet!

    RépondreSupprimer
  15. c'est un billet efficace :-) Je ne connaissais pas non plus...

    RépondreSupprimer
  16. Merci pour ce formidable article, je ne savais même pas que ce mur existait...

    RépondreSupprimer
  17. Comme les autres blogueurs, je découvre l'existence de ce mur de l'horreur. Je ne comprends pas où va ce monde! On nous cache beaucoup de choses pour nous empêcher de réagir.
    Grâce à ce photographe, l'info est passée.
    Merci Isa de nous faire partager ce qui se passe loin de nous!

    RépondreSupprimer
  18. Je ne connaissais absolument pas l'existence de ce mur, comme tu l'as justement dit, très peu de gens ont l'air au courant. Ton article est vraiment très touchant.

    RépondreSupprimer
  19. J'ignorais totalement l'existence de ce mur. Encore un drame de l'incompréhension et du refus...

    RépondreSupprimer
  20. Un rappel historique qui nous rappelle que l'Inde ce n'est pas seulement le pays de la non-violence

    RépondreSupprimer