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L'homme du soir de Mo Hayder

06/01/2015

Lectrice compulsive je suis, 
Lectrice compulsive de roman policier plus précisément,  je suis,
Lectrice compulsive de roman policier avec un personnage principal tourmenté encore plus précisément,  je suis.

Cela faisait un petit moment que L’homme du soir de Mo Hayder trainait dans ma bibliothèque sans que j’arrive à l’ouvrir.
J’ai parfois, souvent, tendance à acheter des livres de poche en quantités pour les oublier ensuite.
En l’occurrence, pour celui-ci, il y avait un précédent : Tokyo du même auteur.
Ce dernier m’avait autant captivé que glacé par sa narration ultra glauque et crue.
J’avais juste besoin de souffler avant de me plonger à nouveau dans l’univers de Mo Hayder.

Et j’avoue que je regrette presque d’avoir attendu aussi longtemps.
L’homme du soir est tout aussi retors et cru dans ces descriptions.
Par contre, son personnage principal, l’inspecteur général Jack Caffery est l’élément humain qui m’a permis d’entrer réellement dans l’histoire, à la différence de Tokyo, tout en me détachant du côté trash.

L’éloge de l’énergie vagabonde de Sylvain Tesson

16/10/2014



Ouvrir la première page d’un livre de Sylvain Tesson, c’est forcément s’engager dans une addiction qui ne se termine qu’une fois terminée la dernière page de l’ensemble de ses romans.

Je n’en suis pour l’instant qu’au début et c’est avec bonheur et envie d’évasion, que ce soit de mon âme, de mes pensées, de mes idées, que juste après l’Axe des Loups, j’ai  enchainé sur L’éloge de l’énergie vagabonde, opus qui emprunte autant au récit de voyage qu’à l’essai écolo-politico-philosophique.

L’auteur, tel un héros des temps modernes avec une philosophie de la nature, des cultures et du monde bien à lui présente un parallèle entre l'énergie naturelle dont est doté l'homme et les énergies artificielles que produisent nos sociétés.

Il aime marcher et observer, comprendre le monde.
Dans L’éloge de l’énergie vagabonde, il se rend en Asie Centrale, là ou crachent les puits de pétrole de la mer d’Aral et de la mer Caspienne.

L’Axe du Loup de Sylvain Tesson

18/09/2014



 



C’est au dernier moment avant de partir en Indonésie, juste avant de boucler mon sac, sur les conseils d’une amie,  que j’ai embarqué L’axe du Loup de Sylvain Tesson
 
Ce récit retrace le parcours de l’auteur de Yakoutsk en Sibérie jusqu’en l’Inde en passant par la Mongolie, la Chine et le Tibet, parcours très largement inspiré de celui qu’empruntaient les prisonniers politiques qui essayaient d'échapper à l'enfer du Goulag et aux persécutions communistes.


Cette épopée est un véritable hymne au nomadisme d’un baroudeur contemporain qui nous fait vivre une aventure hors norme en y apportant notamment une vision plus rêveuse et optimiste de cette époque de l’histoire que les différents cartographes et historiens réfutèrent à la lecture du récit des évadés.

Le Cercle de Bernard Minier

10/09/2014


C'est au rythme des apéros sous la véranda de nos bungalows indonésiens ou des quelques siestes dans un hamac, que j'ai dévoré Le Cercle de Bernard Minier qu'une amie a eu la bonne idée de m'offrir.
Ce roman est le second de Bernard Minier après Glacé qui se passait dans les Pyrénées

Le dernier lapon d'Olivier Truc

03/09/2014



Klemet et Nina sont membres de la police des rennes à Kautokeino, dans le Grand Nord lapon.
Leurs quotidiens consistent à gérer tant bien que mal les conflits entre éleveurs de rennes.
Le vol au musée local d'un tambour traditionnel Sami jadis utilisé par les chamans, doublé du meurtre d'un éleveur solitaire et alcoolique, va bouleverser le petit équilibre de la bourgade et renvoyer tout un pays à son passé.

À cela s'ajoute une particularité climatique de la région, à savoir qu'au début de l'histoire le soleil a disparu depuis 40 jours et vient juste de revenir :   27 généreuses minutes de clarté, entre 11h14 et 11h41 à Kautokeino. 
Nous en serons à 5h d'ensoleillement de 9h02 à 14h02 à la fin du roman. 

Ces quelques phrases brossent l'univers dans lequel se déroule ce policier.
Le lecteur pénètre l'intimité d'une civilisation fascinante, entre expédition de Paul Émile Victor en 1939 et géologues avides à la recherche de mine d'or.


Le plaisir ne saurait attendre de Tishani Doshi

04/08/2014



En 1968, un jeune homme, Darmesh dit Babo, quitte sa ville de Madras dans le sud de l'Inde pour Londres.
La Grande-Bretagne, il en rêve depuis longtemps et espère y faire sa vie.
Avant son départ, sa mère, Trishala, lui rappelle les interdits : pas de viande, pas d'alcool, pas de tabac et pas de femme.
Une fiancée l'attend d'ailleurs en Inde.
Mais quelques semaines après son arrivée, Babo croise Sian, une jeune Galloise.
Coup de foudre.
Oubliée la fiancée indienne, oubliés les interdits.

Dans Le plaisir ne saurait attendre, l'amour est au cœur de l’histoire mais il ne s’agit pas non plus d’une histoire à l’eau de rose.
L'amour qui unit Babo et Sian est le chemin que l'auteur trace pour son récit, en les plaçant comme personnages principaux, avec les parents de Babo, sa grand-mère Ba et plus tard, leurs filles Mayuri et Bean, résultat d'une union de deux personnes différentes, de religions, de races, de cultures et de pays.
Ba, en particulier, est un personnage remarquable.
C'est une veuve vivant à Anjar, habitée d'une aura de sagesse éternelle, et qui vit entourée par les femmes du village et un eunuque.
Elle est l'aïeule, qui anticipe l'arrivée des membres de sa famille en y associant des odeurs.

Dans ma bibliothéque

30/06/2014


Je ne sais pas si c’est pareil pour vous, mais en matière de lecture, j’enchaîne souvent des séries de livres qui me plaisent ou me déplaisent.
Le début de l’année a été marqué par tout un bataillon de livres que je ne suis pas parvenue à finir.
Mais depuis quelques semaines, j’enchaine les lectures ou les relectures enthousiasmantes.
Puisque c’est déjà les vacances et le moment ou un certain nombre d’entre vous partent ou vont bientôt partir lézarder sur les plages, je me suis dit que c’était peut-être le bon moment pour partager un certain nombre de lectures avec vous… 

Kafka sur le rivage d'Haruki Murakami

20/05/2014

Kafka sur le rivage Haruki Murakami


Kafka sur le rivage Haruki Murakami
Je n’ai toujours pas lu 1Q84 d’Haruki Murakami , ne connait même pas ce dont il est question dans ces 3 tomes.
Ils attendent, alignés dans ma bibliothèque, que je veuille bien ouvrir le premier.
Il faut dire que j'ai choisi de les acheter en version anglaise, ceci explique peut être cela.

Et pourtant, c’est Kafka sur le rivage du même auteur que j’ai récemment choisi pour accompagner mes soirées.

Alors par où commencer … tellement il me semble difficile de décrire une telle merveille.

Kafka sur le rivage est un livre qui se vit plus qu’il ne se raconte, c’est une sorte d’expérience à la fois sensuelle  et onirique, un récit initiatique dans la plus pure tradition.

D’un côté, un adolescent fugueur de 15 ans qui veut rejoindre Tokyo et dont on ne connait que le pseudo qu’il se donne : Kafka Tamura et , d’un autre un vieillard du nom de Nakata qui parle de lui à la 3eme personne, un brin simplet et amnésique qui cherche subitement à se rendre dans un lieu bien précis, le tout entremêlé de poissons qui tombent du ciel, d'OVNIS, de soldats perdus dans les limbes et de pierre qui sert de portail aux esprits...

Carnet du Pérou de Fabcaro

30/03/2014



Du Pérou, j’en garde surtout le souvenir coloré de Cuzco, capitale inca où il règne une douce ambiance, un peu déconnecté du reste du monde.
J’ai eu la chance d’y séjourner 2 fois et l’envie de renouer avec cette ville et ses habitants est toujours là.
C’est pour cela que lorsqu’il a fallu effectuer un choix pour l’opération La BD fait son festival organisé par Price Minister-Rakuten, j’ai choisi Carnet du Pérou de Fabcaro.

A la première lecture, je suis ressortie assez sceptique car finalement on comprend que l’auteur n’est jamais allé dans ce pays.
Point de carnet de voyage, ou du moins rien à voir avec les miens, juste une blague poussée assez loin dans l’absurdité.

Du coup, je me suis sentie un peu trompée sur la marchandise mais je mets cela sur le fait que lors de mon choix, j’ai basé mon choix juste sur la couverture et le titre sans aller plus loin.

 Dès les premières pages, j’ai été un peu déstabilisée par le mélange entre le quotidien du dessinateur et les plaquettes décrivant son voyage.

Puis en lisant le passage où il dessine des ouvriers mexicains et l’avoue ensuite, j’ai commencé à avoir des doutes …
Au final, on comprend que tout l’album est un gag éventé assez rapidement et que l’auteur enchaine les passages obligés du carnet de voyage avec ses principales caractéristiques : poésie de textes et des illustrations, l’aspect contemplatif et bien évidemment le côté sociologique.

Mapuche de Caryl Ferey

23/03/2014



Après la Nouvelle Zélande et l’Afrique du Sud, Caryl Ferey nous amène en Argentine avec Mapuche, son dernier roman.

Ayant eu le plaisir de me balader dans Buenos Aires au cours d’un séjour en Argentine, et dans certains des quartiers décrits par l’auteur, je me suis glissée dans l’histoire sans problème.
Dès le début du roman, Caryl Ferey nous présente l’histoire ce pays marqué par la dictature militaire de la fin des années 1970 à travers le personnage de Ruben Calderon, rescapé des geôles de la junte militaire et Jana, jeune descendante du peuple mapuche, largement décimé au début du siècle.

L'un des amis de la jeune femme disparait subitement.
Elle s'adresse donc à un détective privé, Rubén Calderon, spécialisé dans la recherche des enfants disparus sous les régimes totalitaires.
Des enfants ravis à leurs parents et donnés aux amis stériles du pouvoir.
Rapidement, il se rend compte qu'il y a un lien entre le disparu et d'autres personnes enlevées et retrouvées mortes.


Jana et Rubén sont des écorchés vif, deux survivants, deux désespérés.
Ils vont s'allier pour défier les anciens tenants du pouvoir œuvrant en sous-main comme des bombes à retardement.

Comme les autres romans de cet auteur, on ressent une urgence dans l’écriture mais aussi dans le comportement des personnages.
Et avec Mapuche, Caryl Férey poursuit son chemin vers plus de profondeur, plus d'engagement, plus d'humanisme.

La maison dorée de Samarkand d’Hugo Pratt

12/03/2014

La maison dorée Samarkand Hugo Pratt Corto Maltese


La maison dorée Samarkand Hugo Pratt Corto Maltese
La maison dorée de Samarkand est l’un de mes albums préféré d’Hugo Pratt, probablement parce qu’il se situe dans une région du monde que j’adorerais découvrir tout en sachant qu’à quelque part le rêve est vain, ma vie et ma manière de fonctionner font que je n’aurais surement par la chance d’aller me balader du côté de Samarcande , sur l’ancienne route de la soie.
Dans cet album, Corto Maltese traverse l'Anatolie de 1920, alors en plein guerre d'indépendance turco-kurdo anti-arméno-russe, de Rhodes jusqu’en Afghanistan en passant par la Turquie d’Enver Pacha et la république socialiste soviétique autonome du Turkestan, actuel Ouzbékistan.

Comme souvent, on ne sait pas bien quel est le but ultime de notre héros, la cupidité qui l’amène  à la recherche de l'or perdu du roi perse Cyrus ou sa belle âme qui  le pousse à la rescousse de son compagnon de route et de déroute Raspoutine, emprisonné dans les goeles de Samarkand.
Rêves éveillés, délire de narghilés, combats de soudards, crépitement des mitraillettes, uniformes rutilants maculés de boue, tronches de soldatesque aux yeux injectés de sang, neige au mois d’août… 
Comme à son habitude, Corto ira de rencontres en rencontres : derviches tourneurs, shamans, aventuriers sans foi ni loi, espionnes, comédiens défraichis, révolutionnaires... et même son double maléfique. 


Utu de Caryl Ferey

11/03/2014



Avec Utu, Caryl Férey nous entraîne encore une fois de l'autre côté du globe.
Retour en Nouvelle Zélande sur les traces des maoris et de leur culture ancestrale.
L’auteur nous plonge dans un polar noir, très noir où se mêlent la mort, la drogue et le sexe et où la rédemption n’existe pas.

Dans ce nouvel opus, on découvre Paul Osborne, de retour en Nouvelle Zélande, après le suicide de son chef et ami John Fitzgerald qui enquêtait sur une série de meurtres dans Aka.

 Venu pour finaliser l’enquête de son mentor et retrouver une hache sacrée subtilisée chez un riche collectionneur d'objets maoris, Osborne va s’enfoncer progressivement, se laisser tenter à nouveau par ses démons et laisser les souvenirs du passé revenir le hanter, notamment celui de son premier amour, Hana, une jeune maorie, qu'il essaie de retrouver en parallèle de son enquête.

Le scénario, particulièrement efficace, s’insère comme les autres dans un contexte politico culturel d’une Nouvelle Zélande tiraillée entre l’économie libérale et les traditions indigènes.
J’avoue que jusqu’à présent j’avais une vision plutôt lisse et terne de ce pays, celle des grands buildings d’Auckland et également des grands parcs nationaux.
Ce sont des aspects que je recherche assez peu lors de mes voyages, étant plutôt attachée à découvrir des pays où la zénitude et la chaleur humaine est de mise...
Et là, j'avoue que désormais, je vois ce pays de manière totalement différente.

Utu, comme précedemment Haka et Zulu, comporte 2 des thèmes que je recherche le plus dans la lecture d'un roman : une intrigue policière dense, sombre et l'évasion.
Antagoniste peut être... mais j'ai aimé dévoré ces 3 polars ,très riches au-delà de l'intrigue et qui donne à réfléchir sur notre société, ses biais et son histoire.

En se documentant sur l'auteur, on découvre que Caryl Férey 
puise son inspiration dans ses voyages. Et elle semble intarissable....

Quatrième de couverture : Paul Osborne a quitté la police d'Auckland depuis dix mois lorsqu'un flic vient le récupérer en Australie où il s'est installé : son ancien chef, Jack Fitzgerald, s'est suicidé quelques jours après avoir mis la main sur un tueur en série. On lui demande de venir éclaircir la fin de l'enquête en tant que spécialiste de la culture maorie... Osborne accepte de reprendre du service, il ne croit pas au suicide de son ami.

Haka de Caryl Férey

06/03/2014

Haka Caryl Ferey


J’ai découvert Caryl Férey grâce à Zulu, le roman qui lui a permis de connaitre la consécration avec notamment le Grand Prix des lectrices de Elle
J’avais immédiatement enchainé avec Haka et Utu.

Ayant acheté Mapuche, son dernier opus, le week-end dernier, j’ai décidé de relire la trilogie afin de me faire une semaine Caryl Férey.
Et sur ma lancée, je pense que la semaine prochaine, j’enchainerais sur une semaine James Ellroy, ces 2 écrivains ayant en commun le même style et la même façon de vous inciter à plonger tête premiere dans leurs univers.

Caryl Férey a écrit Haka à l’issu d’un voyage en Nouvelle Zélande ... pas un voyage en touriste, plutôt une plongée dans la société néo-zélandaise pour en extraire dans un roman ses contradictions, sa violence, la question maorie et le choc des cultures.

Jack Fitzgerald est un flic violent, à demi maori, intelligent, au passé chargé.
Des années auparavant, sa femme et sa fille ont disparu et depuis ses nuits sont blanches et ses jours emplis de fureur.
L’histoire démarre avec la découverte du corps d’une jeune femme morte et atrocement mutilées.
L'enquête, au cours de laquelle Fitzgerald est secondé par une jeune criminologue, va le mener au bout de l'enfer et remuer en profondeur son passé jusqu’au dénouement final.



Une bonne épouse indienne d’Anne Cherian

25/02/2014

une bonne epouse indienne Anne Cherian


une bonne epouse indienne Anne Cherian
 Lors de mon séjour en Inde , j’ai pu me rendre compte qu’à la base de la vie de famille, il y a les mariages arrangés et c’est un thème qui revient très souvent dans les romans indiens ou qui traitent de l'Inde,  comme une sorte de passage obligé.

 C’est une des traditions à peu près immuables encore aujourd’hui maintenue par la société indienne, au même titre que le principe de la dot, souvent à l’insu ou presque des principaux intéressés.  

Dans ce roman coexistent deux personnages.
Neel , un brillant anesthésiste dans le plus grand hôpital de San Francisco, qui malgré son passeport américain et sa pétulante maîtresse californienne, n'échappera pas à son karma.
En effet, au cours d’un bref voyage en Inde, le piège organisé par sa famille et son grand-père, se referme sur lui et le voilà marié.

Leila, son épouse indienne,  belle, douce, cultivée, intelligente.
Jeune fille naïve et soumise à sa famille, à sa mère, soucieuse des lois, des codes de son pays.
Inquiète de ne pas être encore mariée, bercée par les films de Bollywood, elle voit dans ce mariage toute la beauté de cet acte.

Obligé de la ramener avec lui à San FranciscoNeel va continuer de mener sa vie  avec comme seule idée de s’en débarrasser.

Mais  Leila va tenir et l'attendrir.
Une fois en Amérique, d’abord apeurée, soumise, perdue dans un univers dont elle ignore les codes, elle va deviner, comprendre, refuser d’accepter et gagner.
Prouvant ainsi que son éducation n'est pas vaine et  qu'elle est une bonne épouse indienne.

Un bon roman sur les mariages arrangés et sur la société indienne et leur vision des femmes.
Divisé quasiment en deux parties : la vie de Leila dans sa famille en Inde, et sa vie de femme aux Etats-Unis.
Il permet ainsi de comparer les modes de vie de la femme : la liberté acquise en si peu de temps.
On apprend beaucoup de choses sur les rapports entre les membres de la famille que j’ai pu constater lors de mon séjour sur place, sur la façon de penser des indiens.
On dévore aussi ce roman parce qu'il emplit de couleurs, et d'odeurs : de nombreux extraits de recettes sont donnés illustrant ainsi l'habileté de Leila en tant que femme au foyer.

Seul bémol : ce roman est finalement dans la lignée des romans sur l'Inde, donc à quelque part sans surprise.
Mais pour une passionnée de ce pays comme moi, n'est-ce pas ce que je recherche ?  

..et pour le plaisir, je vous laisse avec quelques photos de mon séjour à Chennai.    


une bonne epouse indienne Anne Cherian


une bonne epouse indienne Anne Cherian

une bonne epouse indienne Anne Cherian

Chers Voisins de John Lancaster

09/02/2014

Chers Voisins John Lancaster


Chers Voisins John Lancaster
John Lanchester a situé son roman dans une rue comme il en existe beaucoup à Londres : Pepys Road.
Elle fut habitée au début du siècle par la classe ouvrière, puis par la classe moyenne.
Avec ses maisons vilaines mais spacieuses, elle abrite à présent la upper class londonienne, entendez ceux qui ont les moyens de s’offrir de telles demeures dans l’une des villes les plus chères d’Europe.

Chers voisins est un véritable tour de force impossible à lâcher du début à la fin.
John Lanchester entraîne le lecteur dans une radiographie du Londres d'aujourd'hui.

On y croise un trader qui passe ses journées à calculer et recalculer son bonus de fin d’année, un jeune footballeur prometteur exilé de son Sénégal natal pour faire carrière, un artiste de street art mondialement connu mais que personne ne connait et qui ici ne se nomme pas Banksy.

Par sa taille, ce roman est plutôt imposant mais bien heureusement sa lecture entre dans la catégorie des purs divertissements.
L’auteur place son intrigue dans un Londres contemporain, donc multi-ethnique, autour de plusieurs thèmes, l’immigration,  la finance, l’art … bref, il décrit avec précision un monde qui change.

Forcément, c’est un peu survolté et il ne faut pas perdre le fil mais le rythme du récit ne le permet pas…
Au fil de la lecture, on s’attache aux personnages tandis que John Lanchester assemble une à une les pièces de son puzzle avec un savant dosage de suspense et de psychologie.
A dévorer sans modération.



4eme de couverture : Petunia est la doyenne de Peppys Road.
Elle s'est installée là alors qu'elle n'était qu'une jeune mariée, elle y a été heureuse, puis son mari est mort... et aujourd'hui elle contemple sa maison et s'interroge : doit-elle vraiment vendre ce lieu où elle a vécu tant de choses pour soigner une tumeur qui aura de toute façon raison d'elle ?
Pendant ce temps, Arabella et Roger Youth, bien loin de ce genre de soucis, pensent au bonus que la banque va accorder à Roger en fin d'année, et surtout à la façon dont ils vont bien pouvoir le dépenser...
Quant à Mohammed, sa femme et ses deux enfants, Pakistanais d'origine, ils vivent au-dessus de l'épicerie de la rue, dont ils sont les tenanciers.
La clientèle s'embourgeoise, la surveillance privée se développe ; parmi ceux qui officient à la protection civile, Quentina, sans-papier, qui ne se sent pas spécialement rassurée ou protégée par l'uniforme qu'elle porte...
Tout ce petit monde évolue sur ce minuscule territoire sans vraiment se croiser ; jusqu'au jour où chacun va trouver dans sa boîte aux lettres le même énigmatique et désagréable message : « Nous voulons ce que vous avez. »
Qu'ont-ils tous qui suscite une telle envie ?...

Les racines du Mal de Maurice G. Dantec

25/01/2014

Les racines du mal Maurice Dantec

Lu il y a très longtemps de cela, c’est en déménageant cet été que j’ai extrait à nouveau de ma bibliothèque ce pavé complètement barré de Maurice G. Dantec.
J’ai mis à profit les beaux jours, le soleil, le ciel bleu et mes virées plages pour le dévorer à nouveau car autant je suis capable de passer des nuits plongées dans de tels romans, autant je sais qu’après une telle noirceur j’ai besoin de journées ensoleillées pour décompresser.

Donc Les racines du Mal est une lecture que je vous conseille, si vous aimez le genre évidemment,  mais à mettre de côté pour les beaux jours.

L’histoire débute sur les chapeaux de roue en nous plongeant directement dans les délires hallucinés d’un tueur en série, Andréas Schaltzmann , qui dans sa psyché explosée, imagine qu’aliens et nazis se sont ligués afin de transformer la population en esclaves tandis que la pourriture et la mort ont entrepris un terrible combat contre lui.
Il en déduit qu’il est contraint de tuer et de boire du sang pour survivre.
Logique…
A la rigueur, passe , on encaisse.
Mais c’est sans compter avec le reste.

Andréas, arrêté après une tentative de suicide solitaire dans sa voiture, est soigné et soumis aux questions d'un trio de chercheurs.
Très vite, ceux-ci se rendent compte que quelque chose ne "colle" pas.
Commence alors pour eux une longue quête sur la piste de véritables monstres.
Ils découvrent que d'autres personnes ont profité de la série de meurtres qu'il a récemment commis pour cacher leur propres méfaits, Andréas constituant un bouc-émissaire presque parfait ...
Une course contre le montre va commencer pour démasquer ces tueurs hors normes et tenter de mettre fin à leurs agissements.

L'histoire ainsi résumée semble plutôt banale dans ce type de littérature.
Il n'en est rien : les criminels et leurs actes sont particulièrement atypiques par leurs motivations et leur cruauté.
Si l'enquête tourne parfois un peu en rond, de nombreux éclairs de génie traversent le roman, un foisonnement d'idées maitrisées, bien qu'un peu délitées dans un océan d'informations secondaires, quelques délires jouissifs et une excellente fin, loin des stéréotypes qu'on pourrait attendre.


4eme de couverture : Andreas Schaltzmann est persuadé que les habitants de la planète Vega sont installés dans son quartier, à Vitry-sur-Seine, et étendent leurs ramifications jusqu'aux plus hautes sphères de l'État.
Paranoïaque, l'homme décide de vider ses comptes en banque et ses chargeurs de revolvers ; il se lance dans une cavalcade meurtrière à travers la France.
Arrêté, il apprend qu'on lui attribue des crimes qu'il n'a pas commis.
Un trio de scientifiques persuadé de son innocence traquera les véritables tueurs grâce à un ordinateur de type supérieur, baptisé "neuromatrice" qui fonctionne comme un cerveau humain mais à une vitesse surmultipliée.
Ce roman atypique débute à la manière d'un périple de tueur en série pour s'orienter vers un récit prospectif où éléments philosophiques, sociologiques et scientifiques viennent s'imbriquer dans l'action.


Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

14/01/2014

Le tailleur de pierre Camilla Läckberg

Après la Princesse de glace et le Prédicateur, Le Tailleur de Pierre de Camilla Läckberg, 3eme opus des aventures de Patrick et Erica, est à mon avis le plus réussi même si comme les 2 précédents il souffre de lacunes.

Le roman démarre sur les chapeaux de roue avec la découverte d'un corps qui n'est autre que celui de la fille d'une amie proche d'Erica.
Qui peut bien vouloir la mort d'un enfant?
Quels secrets pèsent sur cette famille?
Que vient faire l'histoire de ce tailleur de pierre surgissant du passé et qui vient égrainer le récit?

Comme les 2 premiers romans, l’histoire principale est entrecoupée de courts chapitres qui font référence au passé. Ils nous racontent l’histoire d’une femme née au début du 20eme siècle.
Ce conte a quelque chose de passionnant et prenant qui fait toute la saveur de ce tome.
Il est évident que cette histoire a un lien avec le présent mais ce n’est que très tard dans ma lecture que j’ai compris laquelle…
Cette alternance entre les deux époques, qui présente la vraie histoire du tailleur de pierre, est intéressante et renforce la curiosité que l’on peut éprouver pour l’histoire principale.
Au fur et à mesure des pages, l'auteur distille les éléments qui vont nous permettre de lever le voile sur le mystère. 

Au gré des recherches de Patrick, entre querelles de voisinages, pédophiles et enfants atteints du syndrome d’Asperger, on  tisse les fils.
Et au fil des déductions et rebondissements, on finit par entrevoir la vérité sans en avoir totalement la certitude. 

Au final, ce tome est probablement mon préféré même si j'ai trouvé qu'il souffrait, encore plus que les 2 autres, d'une bien mauvaise traduction.

"Chaque bloc de pierre renferme une statue et c'est le rôle du sculpteur de la découvrir." (Michel-Ange)


4eme de couverture : La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer.
Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'œil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier.
C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant. Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs...

La ballade de la mer salée d'Hugo Pratt

03/01/2014

La ballade de la mer salée Hugo Pratt Corto Maltese

La ballade de la mer salée Hugo Pratt Corto MalteseLa ballade de la mer salée Hugo Pratt Corto Maltese


Cela fait un petit bout de temps que je songe à recommencer à lire des albums BD , largement incité par les billets de Violette et Lalydo.
Mais à chaque fois que je me retrouve dans le rayon de ma Fnac, je ne sais jamais quel album choisir, ayant décroché depuis un bon moment sur ce sujet…

Du coup, histoire de conrinuer à m’évader dès mon retour de Venise , et encore la tête dans mon guide Itinéraires avec Corto Maltese,   j’ai décidé de reprendre mes albums d’Hugo Pratt , en commençant par la Ballade de la mer salée.

Cet album est celui où on découvre pour la première fois Corto Maltese.
Il n’est pas encore le personnage principal des œuvres du dessinateur.
Il est accompagné de son acolyte Raspoutine et d’un moine pour le moins fascinant.
Corto est ici plus rude, massif, beaucoup moins charmant que dans les opus suivant et Hugo Pratt l’a dessiné avec des traits plus rugueux, anguleux et un faciès plus sombre.

Il est le témoin des aventures de Pandora  et Cain face au charismatique moine, pirate des mers du sud pendant la 1ère guerre mondiale.
Le récit est haletant et tranche avec le caractère imperturbable de Corto , le marin avec son anneau et sa cigarette, l’air détaché du temps, las des évènements.

La Ballade de la mer salée évoque surtout pour moi le coup de pinceau d’Hugo Pratt.
Toute sa vie, le dessinateur était à la recherche du ‘trait juste’ c’est-à-dire du trait efficace.
Et en ce sens, cet album est une réussite.
Le récit est ponctué d’images très fortes et incroyablement vivantes, habilement construites en noir et blanc.

Au fil des albums, Corto finira par s’imposer à la fois comme le héros et le double de son créateur Hugo Pratt mais il me semble que dans aucun autre album ne règne un souffle aussi épique que dans celui-ci.

La ballade de la mer salée Hugo Pratt Corto Maltese
La ballade de la mer salée Hugo Pratt Corto Maltese


4eme de couverture : Première œuvre de Pratt dans laquelle on rencontre le personnage de Corto Maltese, La ballade de la mer salée "devait marquer l'histoire de la bande dessinée à la fois par son ampleur, ses qualités littéraires, qui le rapprochaient des grands romans d'aventures maritimes, et par l'apparition de Corto Maltese, qui n'était pourtant qu'un des protagonistes de l'histoire "

Nous y découvrons ainsi celui qui allait devenir le plus célèbre des marins maltais, embarqué sur le catamaran de Raspoutine après avoir dérivé sur un radeau suite à la mutinerie de son équipage. Tous deux travaillent pour le compte du mystérieux "Moine", maître de tous les pirates qu'on pouvait rencontrer entre l'Australie et la Nouvelle-Guinée, pour lequel ils attaquent différents navires dans le Pacifique Sud, dont ils revendent ensuite les marchandises aux Allemands.

Le Prédicateur de Camilla Läckberg

26/12/2013



Après la Princesse des Glaces, comme beaucoup de lecteurs passionnés me l’ont conseillé,  j’ai choisi d’enchainer sur le 2eme opus de Camilla Läckberg : Le Prédicateur.

La petite ville suédoise d'Erica et Patrick est à nouveau le théâtre d'un drame.
Le corps d'une jeune femme morte, et visiblement torturée, est découvert par un jeune garçon.
Cet évènement macabre est d'autant plus surprenant lorsque les enquêteurs découvrent sous celle-ci deux autres corps de femmes recherchées depuis plus de vingt ans...
En plein été caniculaire et alors qu'Erica souffre durant son dernier mois de grossesse, Patrick doit abandonner ses congés pour se mettre à la tâche.

Au niveau de l'intrigue, j'ai trouvé ce roman bien plus intéressant que le précédent. 
On retrouve les personnages dont on a fait connaissance dans La Princesse des glaces mais cette fois ci, Patrick est bien plus présent, ce qui n’est pas pour me déplaire.
L'enquête est bien menée.

On retrouve ici une certaine lenteur propre à l'écriture nordique qui progressivement crée un climat singulier entre sensations du quotidien et ambiance cotonneuse dans laquelle le lecteur s'enfonce peu à peu.
Camilla Lackberg arrive à ménager le suspense.
Sans trop en faire, elle déroule le fil de son histoire, petit à petit, avec de subtils revirements  et rebondissements.
Les éléments entrent petit à petit en scène et donne envie de s’accrocher au livre jusqu’au bout de la nuit.
Au niveau du style, comme le 1er tome, rien de bien complexe mais Camilla Lackberg écrit plus bien, c’est fluide et agréable.

Un 2nd tome que j’ai trouvé bien meilleur que le 1er et qui m’incite à enchainer avec le 3eme Le Tailleur de Pierre qui d’après les critiques est encore meilleur.



4eme de couverture : Dans les rochers proches de Fjällbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans "La Princesse des glaces", on découvre le cadavre d’une femme.
L’affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes ...
L’inspecteur Patrik Hedström est chargé de l’enquête en cette période estivale où l’incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d’Erica Falck, sa compagne.
Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt.
Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs.
Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent.
Alors que Patrick assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolescente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s’allonge...


London, portrait of a city

25/12/2013

London, portrait of a city Taschen
London, portrait of a city Taschen



Probablement que ma dernière tocade pour Londres n’a pas échappé à mes proches puisque l’un de mes cadeaux de Noël était un sublime album photographique, London Portrait of a city,  publié aux éditions Taschen et rassemblant en quelques 500 pages toutes les facettes qui ont marqué et qui marque encore l’histoire de la ville.Samuel Johnson, auteur de littérature anglaise,  aurait eu cette phrase célèbre: "Quand un homme en a assez de Londres, il en a assez de la vie".Je n’en suis pas encore là et me rejoue bien à l’avance des prochains séjours dans cette belle ville qui sont programmés en 2014.En attendant, j’ai parcouru avec beaucoup de plaisir cet ouvrage.
De l’inauguration du Tower Bridge en 1894 alors que Londres  est encore le centre névralgique du monde,
En passant par l’atmosphère si particulière que l’on peut observer sur certaines photos et que Dickens a su admirablement transmettre à travers ses ouvrages ,
En imaginant le smog qui apparaît dès 1902 et qui connaîtra son pic en 1952 ,
Ou en se remémorant  l’apparition du mouvement punk que nous avons pû pour beaucoup vivre et qui était particulièrement visible à Trafalgar …
Cela en quelques photos et citations d’auteurs , l'espace d'un moment , on s'évade à nouveau..

Et puis il émane de cet ouvrage une impression familière, comme si l’on connaissait déjà tous ses évènements, tant la culture londonienne se dissémine partout dans le monde ... et en même temps, la somme de ce que l’on découvre est impressionnante.

Pour finir,  une citation d’Oscar Wilde, tiré du Portrait de Dorian Gray, un de mes romans fétiches : ‘je sentis que notre Londres maussade, avec ses myriades de gens, ses pécheurs sordides et ses péchés splendides …devait bien avoir quelque chose à me réserver. »


London, portrait of a city Taschen

London, portrait of a city Taschen

London, portrait of a city Taschen

London, portrait of a city Taschen



Photographes : Slim Aarons, Eve Arnold, David Bailey, Cecil Beaton, Bill Brandt, Alvin Langdon Coburn, Anton Corbijn, Terence Donovan, Roger Fenton, Bert Hardy, Evelyn Hofer, Frank Horvat, Tony Ray-Jones, Nadav Kander, Roger Mayne, Linda McCartney, Don McCullin, Norman Parkinson, Martin Parr, Rankin, Lord Snowdon, William Henry Fox Talbot, Juergen Teller, Mario Testino, Wolfgang Tillmans et beaucoup, beaucoup d’autres.