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Wiplash de Damien Chazelle

09/01/2015




Il y a juste quelques heures, j’étais face à un écran, dans une salle de cinéma. 

Presque scotchée dans mon fauteuil.

Whiplash c’est le nom d’une célèbre partition de jazz et c’est également le titre du film que j’ai été voir hier soir.

Quelle claque monumentale… sublime, émouvant, fort en émotions, d’un réalisme incroyable, une vraie plongée au cœur d’une école de musique réputée, un film sur un jeune prodige de la batterie qui étudie dans le meilleur conservatoire des Etats-Unis traité comme thriller et qui tient en haleine….pour au final nous mettre knock-out.

Au Shaffer Conservatory de Manhattan, le jeune Andrew Neiman , batteur de jazz est remarqué par Terence Fletcher , un chef d’orchestre à la fois génial et tyrannique qui l’intègre à son Big Band.
Poussant ces élèves à bout, les forçant dans leurs derniers retranchements, animant un esprit fort de compétition et d’humiliation, ce drame musical se transforme vite en thriller psychologique, intense et provocateur sur le plan émotif.
Le rythme du film est calqué sur l'évolution et la puissance de jeu du jeune batteur.

Les tontons flingueurs de Georges Lautner

30/12/2014


Pour cette première séance du cinéclub de Potzina avec comme thème Les comédies, je n’ai pas eu à trop me creuser la tête pour effectuer un choix … ou plutôt si, je me la suis creusée au tout début, et quand il m’est apparu de manière évidente que ce serait forcément un film ayant laissé une trace sonore dans mon esprit, le choix a été fait assez rapidement…

3 films me venaient en tête : La grande Vadrouille avec la chanson Tea for two , Mary à tout prix avec Build me up buttercup des Foundations et les Tontons Flingueurs avec pour le coup de multiples références sonores …

Le Sel de la Terre de Wim Wenders et Juliano Salgado

01/11/2014


Le Sel de la Terre démarre par une phrase de Sébastiao Salgado : Le photographe dessine avec la lumière. 


De l’horreur des guerres tribales en Afrique de l’Ouest jusqu’à l’espoir d’une forêt amazonienne replantée, 1H59 à écouter sa voix grave conter et raconter ses photographies , leurs histoires , le petit détail ou le sens de la vie qui va avec.

Mommy de Xavier Dolan

26/10/2014



Fin de séance, première réaction qui vient en tête est : quelle claque, quel choc.
Et pourtant Mommy de Xavier Dolan est tout sauf un film choc.
Les nuances sont bien là, une à une, elles apparaissent, le temps de prendre un peu de recul.

Dès la 1ere scène, d’emblée, la beauté du plan est éblouissante, autant que l’image de Diane qui ferme les yeux, arrache une pomme d’un arbre et, sans le savoir, profite de ses derniers instants de liberté.

Opening nights de John Cassavetes

11/10/2014




.... ou ma déclaration d’amour à ce couple mythique du 7eme art : Gena Rowlands et John Cassavetes. 
Myrtle Gordon, une actrice de théâtre connue et reconnue, célébrée et adulée assiste, à la sortie d'une représentation ,à la mort accidentelle d'une jeune admiratrice venue l'attendre pour obtenir un regard, un sourire et un autographe de son idole.
Bouleversée et traumatisée par ce drame, elle refuse désormais de jouer ce rôle de femme vieillissante et semble victime d'hallucinations de plus en plus préoccupantes.
Soutenue par la troupe qui l'entoure, ses crises deviennent de plus en régulières et son penchant pour la bouteille aggrave son malaise alors que la date de la première de son prochain spectacle approche dangereusement.

Mange tes morts , tu ne diras point de Jean Charles Hue

05/10/2014



4 ans après La BM du Seigneur, Jean Charles Hue poursuit son exploration cinématographique de la communauté des gens du voyage avec Mange tes morts, tu ne dirais point, véritable plongée au cœur de la communauté avec ce film interprété par une famille de gens du voyage, les Dorkel.
Le réalisateur nous immerge au cœur d’un terrain d’accueil de Gens du Voyage en présentant l’histoire d’une mère et ses trois fils.

L’un vient de sortir de prison, l’autre est un nerveux irritable et le dernier Jason ferait n’importe quoi pour rendre le premier fier de lui.

Jason, 18 ans, doit faire un choix délicat entre les traditions chrétiennes d’une partie de sa famille d’adoption et l’art de la chourave que son frère ainé Fred veut lui apprendre.
Après avoir récupérer son ancienne voiture, Fred décide d’entrainer dans une nuit de folie ses 2 frères afin de jouir vraiment de sa liberté retrouvée et de reprendre la place qu’il estime être la sienne.
Pour lui, l’aventure ne continue pas, mais reprend là où elle s’était interrompue.

Que le voyage initiatique vers la mort ou l’accomplissement d’un destin commence …

Paranoid Park de Gus Van Sant

28/09/2014


La culpabilité est un drôle de sentiment qui m’est très familier.
Je suis capable de culpabiliser et de me triturer sans fin la tête pour la plus petite chose qui m’arrive ou arrive à mon entourage et certains de mes proches savent très bien en jouer…

Paranoid Park de Gus Van Sant est un film sur ce sentiment parfois si honteux, si terrible que parfois vous n’arrivez pas à le partager avec d’autres personnes que vous-même.
Paranoid Park vous confie un secret, celui d’Alex, jeune skater de Portland qui tue par accident un vigile le long d’une ligne de chemin de fer.
Vous le partagez avec lui, rejoignant progressivement son isolement et son détachement à l'égard de tout ce qui l'entoure.

Entre regret par rapport à l'acte et totale indifférence.
Entre crainte d'être arrêté et je-m'en-foutisme perpétuel.
C'est un poids qui pèse sur vos épaules à chaque instant, et dont vous ne pouvez pas vous libérer, car cela reviendrait à vous condamner.

Les combattants de Thomas Cailley

06/09/2014


Au cours d’un été, Arnaud, jeune adolescent tiraillé entre travailler dans l’entreprise de son père décédé et l’envie de s’émanciper, rencontre Madeleine, lors d’une séance de recrutement de l’armée de terre.

A l’opposé d’Arnaud, elle sait très bien quelle voie suivre : s’engager et se préparer à affronter le pire, car la fin du monde est proche.
Elle ne redoute ni la crise, ni le chômage, elle veut juste être prête quand la fin arrivera.
Les deux ont pour dénominateur commun d’être membre d’une génération sacrifiée, la première à être pleinement imprégnée du désastre annoncé.

My BlueBerry Nights de Wong Kar Wai

06/08/2014

My BlueBerry Nights Wong Kar Wai

De My Blueberry Nights, je retiens surtout 'le dialogue des clés' qui continue à me fasciner et une chanson de Cat Power : the Greatest.
C’est précisément un concert de cette artiste que j’ai eu la chance de voir au mois de Juin qui a ramené en mémoire tous ces petits picotements à mon cœur d’éternelle romantique que ce film engendre immanquablement à chaque fois que je le vois.

Boyhood de Richard Linklater

28/07/2014

Boyhood Richard Linklater
Boyhood Richard Linklater


Boyhood est un projet de cinéma audacieux : suivre pendant 12 ans à raison de quelques jours de tournage chaque année les mêmes acteurs interprétant les mêmes personnages afin de raconter l’histoire d’un enfant qui grandit, devient adolescent puis jeune adulte.

Richard Linklater a déjà expérimenté cette idée de la fiction sur la durée avec la trilogie mettant en scéne Ethan Hawke et Julie Delpy et dont je vous avais parlé sur le blog : Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight.

In the mood for love de Wong Kar Way

18/07/2014


À Hong Kong, en 1962, deux couples emménagent le même jour dans une petite pension.
M. Chow et sa voisine de palier Mme Chan découvrent que leurs conjoints respectifs entretiennent une liaison.
Choqués par cette découverte, les époux trompés se rapprochent l'un de l'autre et essayent de comprendre.
Mais au fil de leurs rencontres, M. Chow sent changer ses sentiments envers sa confidente... 
On observe Mr Chow, interprété par Tony Leung, avec classe et sobriété, accompagnant la superbe Mrs Chan, joué par Maggie Cheung dans la danse mélancolique d'un amour pervers.

Coffee & Cigarettes de Jim Jarmusch

07/07/2014

Coffee Cigarettes Jarmusch
Coffee Cigarettes Jarmusch


La conversation entre deux personnes dans un lieu qui n’est pas celui de l’intimité, un café, une tasse, les cigarettes.
Tout ce qui se joue à ce moment-là autour de la table.
Voici le sujet de Coffee & Cigarettes de Jim Jarmusch, une dizaine de courts métrages en noir et blanc que je voulais voir depuis un bon moment, typiquement le genre de choses qu’on garde dans un coin de la tête et qu’on ne prend finalement jamais le temps de regarder.
À tort.

The Rover de David Michôd

23/06/2014





Une ouverture vraiment décapante : des plans longs, peu de dialogues, un Guy Pearce extraordinaire.
La fin est tout aussi  extraordinaire, violente et intense.
Au milieu, quelques dialogues un brin trop et auxquels on a du mal à s’accrocher et quelques défauts.

States of Grace de Destin Cretton

30/05/2014

States of Grace  Destin Creton


States of Grace parle de Grace une femme qui travaille dans un centre de jeunes défavorisés en proie à divers soucis que les adolescents peuvent avoir dans leur vie de tous les jours.
Quand Jayden arrive, Grace y voit le reflet de sa propre adolescence.
A se demander quelle est la frontière entre aider son prochain et s'aider soi-même.
Le sujet est périlleux : le quotidien d'un centre pour adolescents en difficulté que States of Grace ne quitte jamais.

Two Lovers de James Gray

24/05/2014

James Gray et Joaquin Phoenix, un vrai duo de rêve dont je ne me lasse pas … et pourtant, Two Lovers m’avait laissé un peu dubitative lorsque je l’avais vu pour la 1ère fois il y a quelques années. 
Ayant revu le film cette semaine, les évènements survenus dans ma vie ces dernières années m’ont probablement permis d’aborder l’histoire différemment car j’en suis ressortie plutôt bouleversée.

Two Lovers est une belle histoire d’amour, bien loin des clichées américains sur le genre sentimental,  doublée d’un portrait saisissant d’une famille juive.
Contrairement à La nuit nous appartient ou The Yards (revu également cette semaine et dont je vous parlerais dans un prochain billet), il n’y a dans celui-ci aucun cri, presque pas de coups.
Les réunions familiales présentent une surface lisse, courtoise.
La douceur semble régner.

Casse-tête chinois de Cédric Klapisch

18/05/2014

Casse-tête chinois Cédric Klapisch Romain Duris
Casse-tête chinois Cédric Klapisch Romain Duris


Un petit moment que je n’ai pas mis les pieds au cinéma, faute de films et de temps.
Heureusement, il y a un nombre considérable de films sortis en 2013 qui sont disponibles à la location et j’ai pu rattraper le retard pris il y a quelques mois.

Commençons donc avec Casse-Tête Chinois de Cédric Klapisch que je n’avais pas voulu voir à sa sortie ayant peur que le 3eme opus des aventures de Xavier ne me déçoivent.

Her de Spike Jonze

29/04/2014

Her Spike Jonze Joaquin Phoenix

Her Spike Jonze Joaquin Phoenix
Je suis enfin allée voir Her, le dernier film de Spike Jonze avec Joaquin Phoenix.
Après la déception de The Immigrant de James Gray, j’étais fort contente de retrouver cet acteur dans un rôle où il l’a l’opportunité de mettre en évidence son charisme.

Her est un film de science-fiction ou d’anticipation (je ne sais jamais vraiment su où était la frontière entre les 2) dans lequel Theodore, un homme sensible et solitaire, acquiert un logiciel qui propose une intelligence artificielle performante sous la forme d’une voix qui va s’adapter parfaitement aux contraintes de son propriétaire. 
Et c’est ainsi que Samantha,  délicieusement interprétée par la voie de Scarlett Johansson, entre dans la vie de Théodore.

Au fil de l’histoire, c’est un monde assez inquiétant que l’on découvre mais finalement pas bien éloigné du nôtre, où les gens sont connectés à longueur de journée, un monde où le virtuel et le réel se confondent et où l’intelligence artificielle rivalise avec l’intelligence humaine et finit même par la dépasser et s’en affranchir.

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

29/03/2014



J’ai mis un petit moment à me décider à écrire ce billet.
Il y avait un tel enthousiasme dans les critiques que j’ai pu lire d’un côté et de l’autre, que je me suis demandée si je devais apporter cette petite note négative.
Non que je n’ai pas aimé le film, mais mon enthousiasme est moins fort et marqué que la plupart des personnes l’ayant vu.

En fait, j’ai découvert Wes Anderson avec A bord du Darjeeling Limited, un road movie à travers l’Inde, puis j’ai adoré Moonrise Kingdown , une histoire d’amour poétique et farfelue entre 2 adolescents.
J’avais donc très envie de voir The Grand Budapest Hotel et j’y ai mis peut être trop de ferveur et d’espoir.

Avec cet ultime opus, Wes Anderson met de côté le sentimentalisme de son précédent film ( c’est peut-être cela dirons certains car je suis une grande sentimentale ;))  pour nous montrer une suite de sketchs des plus kitsch et farfelus. 

Il est nécessaire d’être plutôt concentré pour suivre l’histoire , avec attention, et c’était peut-être là mon problème puisque luttant contre une nuit de quasi insomnie, j’ai piqué du nez pendant une bonne partie du film. 

Jane Eyre de Cary Fukunaga

08/03/2014

Jane Eyre Cary Fukunaga


Jane Eyre  Cary Fukunaga
Si côté Littérature, je suis en train de terminer mon cycle Caryl Ferey avec Mapuche, côté 7éme art, j’avais laissé de côté mon cycle Michael Fassbender depuis quelques semaines.
Je l’ai repris hier soir avec Jane Eyre de Cary Fukunaga, metteur en scéne de True Detective ( vous voyez un peu comment ça fonctionne dans ma petite tête ;)) .

J’avoue que j’ai mis du temps à me convaincre de voir ce film, les films et séries d’époque et les costumes ne m’attirent pas beaucoup, voire parfois me rebutent où alors il faut une forte dose d’exotisme comme dans Game of Thrones.

Je n'ai jamais lu le livre n’appréciant pas particulièrement les écrits de Charlotte Brontë.
Je n'ai pas vu non plus les précédentes adaptations.
J’ai donc totalement découvert l’histoire à travers cette nouvelle adaptation  d’un grand classique de la littérature romantique.
Le film est lent et calme comme la campagne anglaise un jour de grand gel ... certains aimeront, d'autre pas.
Il est également sombre, presque gothique et l’on garde tout le long une sensation de drame romanesque et inquiétant, d’un lyrisme presque sinistre.



Only lovers left alive de Jim Jarmusch

01/03/2014

Only lovers left alive Jim Jarmusch

Only lovers left alive Jim Jarmusch
Je suis allée voir le dernier film de Jim Jarmusch sans en connaître le thème, le seul fait que ce soit un film de Jarmusch était suffisant pour attiser mon envie d’y aller.

La 1ere demi-heure pose les personnages et le contexte et l’on comprend que le metteur en scène nous offre sa vision moderne du mythe du vampire à travers l’histoire d’amour éternel d’Adam et Eve interprétés par Tom Hiddleston et Tilda Swinton, absolument sublimes en vampires underground et dandys qui traversent les siècles avec nonchalance.

La première ballade nocturne d’Eve dans la vieille ville de Tanger glace le sang.
La musique et la façon de la filmer au ralenti, la caméra juste derrière elle, la met en valeur et donne du corps à son personnage.

A l’inverse, Adam est présenté dans l’univers qu’il s’est construit chez lui, sa forteresse, ses instruments de musique, ses partitions.
Le ton est posé d’emblée, et met clairement en évidence les caractères des 2 personnages et l’opposition dans le couple.
Adam et Eve ne vivent pas ensemble, l’un est ancré résolument dans le passé et l’autre tourné vers l’avenir.

Adam vit à Détroit, ville qui fut très représentative des Etats Unis  à une époque proche, aujourd’hui dévastée par la crise et dans le film présentée comme une ville fantôme.
Il passe son temps à traquer les reliques du passé, en l’occurrence des instruments de musique et vit entourée d’objets représentatif d’une époque révolue, un vieux téléphone déglingué, un tourne disque...Etc.
Eve vit à Tanger, ville lumineuse et intemporelle, qui se dresse fièrement sur la côte méditerranéenne.

Leur amour n’en est pas moins fort et véhiculé par leur passion commune pour l’art, quel qu’il soit.

On plonge avec Adam dans la déprime, on apprécie les petits instants magiques volés à la vie avec Eve et on se laisse aller à vivre jusqu’au bout de la nuit avec Ava, la petite sœur frivole et immature d’aujourd’hui.

Jim Jarmusch nous offre un film hypnotique et contemplatif absolument splendide dans une atmosphère jazzy à souhait pleine de douce nostalgie amoureuse, d’un romantisme fou.

Encore une fois, après des chefs d’œuvres comme Stranger than Paradise ou le culte Down by Law, le réalisateur nous amène dans son univers parallèle, sombre et en même temps légèrement azimuté et parfois frivole.
On hésite les premières minutes, on se sent fautif, puis on finit par céder à la tentation..

A voir absolument.

Only lovers left alive Jim Jarmusch

Only lovers left alive Jim Jarmusch

Only lovers left alive Jim Jarmusch


Pitch : Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique.
Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable.
Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Durée : 2H03
Casting : Tilda Swinton, Tom Hiddelston, Mia Wasikowska, John Hurt
Réalisateur : Jim Jarmusch